Orwell versus Huxley - #pdlt - Internet Explorer - Ep. 27

"Fichier des gens honnêtes" et #Stratfor

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  1. Tout cela est parti, soyons transparents, d'une conversation avec vous Xavier; on se demandait ce qui pourrait constituer la trame d’une émission prochaine. En ce moment, nous disions nous, il y a deux actualités assez décisives qui ont tout à voir avec Place de la toile.

  2. D’abord, les nouvelles fuites de Wikileaks, il y a deux semaines… La fuite concerne des millions de mails d’une entreprise texane, STRATFOR, une sorte d’agence de renseignement privée ; STRATFOR se présentait comme une sorte de CIA fantôme au service d’entreprises comme Bhopal ou Coca-Cola, qui s’y abonnent moyennant jusqu’à 40 000 $ par an.

  3. On entend là Julian Assange, porte-parole de Wikileaks, lors d’une conférence de presse. La presse, justement, qui a très peu repris l’affaire. Faut-il comprendre qu’il n’y a là rien d’intéressant ? Que cette CIA fantôme est en fait une CIA fantoche, peu crédible dans les milieux du secret ? Faut-il comprendre qu’Assange est un gros parano conspirationniste quand il dit [lors de la conf de presse ci-dessus] qu’il y a dans ces mails de Stratfor des révélations concernant Wikileaks même ?

  4. Je cherche, et trouve, un article intitulé « Assange inculpé : le regrettable silence des journalistes »
  5. Assange inculpé, tiens, mais c’est nouveau ça non ?!

  6. Parmi les courriels qui ont fuité, on l’entend dans cet épisode de Democracy Now, on trouve le mail d’un ancien responsable du contre-espionnage au département d’État envoyé à Fred Burton, le vice président de Stratfor : “A ne pas rendre public — Nous avons un acte d’accusation secret contre Assange. Pls protect.”  Et un autre mail de Burton: “Assange fera une belle mariée en prison. Putain de terroriste. Il va bouffer de la pâtée pour chat pour le restant de ses jours”. En bref, le gouvernement américain essaierait de condamner Assange – et Bradley Manning, le responsable présumé de la précédente fuite –  en se servant de la loi sur l’espionnage de 1917 ; car Wikileaks ne doit surtout pas être considérée comme un média "dont le but est de collecter de l’information en vue d’informer le public sur des sujets d’intérêt général". Considérer Wikileaks ainsi, c’est protéger Assange par le 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis… D’où l’acte d’accusation secret, acte que les Etats-Unis n’ont pas confirmé, mais pas infirmé non plus. 


    La deuxième actu importante, c’est le vote mardi dernier à l’Assemblée de la loi sur la nouvelle carte nationale d’identité biométrique.

  7. Carte d'identité biométrique : craintes de dérives
  8. LOI qui prévoit aussi la constitution d’une base, d’un grand fichier où seront conservées les données biométriques de chaque titulaire de la nouvelle carte.

  9. Que conclure de ces deux actualités ? Qu’il y a une tension manifeste, tension qui oppose d’un côté les défenseurs, anonymes, d’une transparence qui veut pointer les excès du pouvoir et de la surveillance, et d’autre part eh bien… ceux qui incarnent le pouvoir, qui eux sont plutôt connus en général, et qui défendent le secret au nom de la sécurité, mais également la transparence quand il s’agit de ficher ! Sans secret, pas de savoir privilégié, et sans savoir, pas de pouvoir. 


    Lundi dernier, la veille du vote de la loi donc, à très exactement 13h34, je poste sur mon compte facebook l’article d’OWNI de Jean-Marc Manach intitulé « Demain on fiche ». Un cousin commente: « Des fans d’Orwell à l’Assemblée… » Evidemment, Orwell… la surveillance généralisée, etc.  Qu’aurait-il écrit aujourd’hui, Orwell, en voyant la question de la transparence resurgir avec tant de force ? Je tape « écrit Orwell » dans mon moteur de recherche. 

  10. Extraits : « Wrightwood, 21 Octobre 1949. Cher M. Orwell, merci de m’avoir fait parvenir un exemplaire de votre ouvrage. Je n’ai pas besoin de vous dire une fois de plus, à quel point votre livre est profond. Puis-je plutôt parler de ce qui est au cœur de celui-ci ? La révolution ultime ? Je crois plutôt de mon côté, que l’oligarchie en place trouvera des moyens  moins pénible et moins ruineux  de gouverner et de satisfaire sa soif de pouvoir. Ces moyens ressembleront à ceux que je décris dans Le meilleur des mondes. Bien à vous, Aldous Huxley. »

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