Quels financements pour sauver la presse ?

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  1. Le Social Media Club organisait en mai 2013 une table ronde pour débattre des aides à la presse et de leur répartition avec une dizaine d'experts. Retour en vidéo sur cette conférence : 
  2. Quel soutien public pour les médias en ligne ? - Social Media Club France
  3. "LA PRESSE FRANÇAISE PLUS QUE JAMAIS EN DANGER"

    David Guiraud, ex DG du Monde, estime dans une tribune sur le site des Echos.fr que "si le « fonds Google » récemment négocié retarde la menace il ne saurait l'écarter. Dans un contexte conjoncturel particulièrement dégradé, les aides publiques doivent rapidement être réorientées pour accélérer la mutation inéluctable de son modèle au lieu de chercher à prolonger des équilibres et un système à l'agonie."

    Source : Lesechos.fr
  4. LA COUR DES COMPTES SOUHAITE QUE LE FONDS D'AIDE A LA PRESSE SOIT ORIENTÉ VERS L'INNOVATION

    La Cour des comptes regrette l'utilisation du Fonds d'aide à la modernisation de la presse: en 2011, les investissements pour la fabrication (rotatives, etc.) ont mobilisé 58% des aides. "Le développement de l'Internet aurait dû constituer la stratégie privilégiée des entreprises", estime la cour.

    Selon la Cour des comptes, le quotidien qui a reçu le plus d'aides directes, sur la période 2009-2011 est Le Monde (18,4 millions d'euros), suivi du Figaro (17,2 millions) et de Ouest France (15,7 millions). Viennent ensuite, loin derrière, La Croix (9,98 millions) et Libération (9,9 millions).


    La cour préconise donc un meilleur ciblage des aides "en faveur des familles de presse présentant des enjeux en termes de pluralisme". Ce souhait rejoint une volonté de la ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti, de réorienter les aides vers la presse d'information politique et générale (IPG), c'est-à-dire essentiellement les quotidiens nationaux et régionaux, les hebdomadaires d'information, au détriment de la presse de loisirs.

    Cette presse IPG ne représente que 15 % du chiffre d'affaires de la presse écrite, mais joue un rôle important dans la défense du pluralisme et du débat public. Enfin, la cour souhaite que le fonds stratégique pour le développement de la presse, créé en 2012, soit "orienté vers des projets innovants".

    Source : Lemonde.fr

  5. ECONOMIE DE LA PRESSE : UN RAPPORT ACCABLANT

    Seulement, les aides ne permettent pas à un nouveau système viable pour la presse d’émerger et sur les 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires de la presse, 11% provient des aides à la presse. Et dans ce milliard, l’essentiel des ressources est à destination du modèle ancien, “indépendamment de toute réflexion sur leur finalité, leur pertinence et leur viabilité”. L’utilisation de l’argent des contribuables dans ce cadre laisse songeur. Le député cite l’exemple du versement des 50 centimes par exemplaire pour “retarder la mort de France Soir” et aux milliers d’euros dépensés pour permettre au groupe Hersant de garder la tête hors de l’eau.

    En somme, les contribuables, par le biais des aides directes versées à la presse (hors TVA à 2,10 % pour la presse écrite, considérée comme aide indirecte), n’ont pas réussi à sauver France Soir et ont dépensé des sommes considérables pour … rien.


    On apprend également que certains titres bénéficient de l’aide au maintien du pluralisme dont L’humanité (3,08 millions d’euros en 2012), La Croix (2,94 millions) et Libération (2,87 millions) ; un pluralisme qui en 2012 se limiterait donc encore à l’offre du papier. Mais parmi ces aides, il en est une encore plus absurde et mal ciblée que les autres. L’aide au transport postal des journaux de presse écrite. Le député précise que “le coût de ce moratoire représente pour quatre titres de presse télévision1 deux fois plus que pour la totalité des titres de la presse quotidienne nationale”.

    Source : Owni.fr
  6. LA PRESSE ECRITE : INFORMER LES CITOYENS ET DIFFUSER LES COURANTS DE PENSÉE ET D'OPINIONS

    "Le dispositif général des aides publiques à la presse est fort ancien. Dans son principe, l’aide postale remonte à la période révolutionnaire. D’autres mesures s’y sont progressivement ajoutées. Les aides à la presse répondent aujourd’hui à l’un ou l’autre des trois objectifs majeurs qui ont pu se dégager des évolutions législatives ou réglementaires pour constituer le régime économique de la presse : le développement de la diffusion, la défense du pluralisme, la modernisation et la diversification vers le multimédia des entreprises de presse."

    Source : ddm.gouv.fr
  7. QU'EST-CE QUE LE FONDS STRATÉGIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PRESSE ?

    "Le fonds stratégique pour le développement de la presse bénéficie aux entreprises établies en France ou dans l’un des États membres de l’Union européenne ou parties à l’Espace économique européen, dont les projets se rapportent à une publication imprimée, à une agence de presse ou à un service de presse en ligne.

    Le fonds comporte trois sections :

    - une première section consacrée aux projets de modernisation et de mutations industrielles

    - une deuxième section consacrée aux investissements des services de presse en ligne

    - une troisième section consacrée au développement du lectorat de la presse.


    Peuvent faire l’objet de subventions au titre du fonds les actions de développement et de modernisation permettant d’atteindre un ou plusieurs des objectifs suivants :

    - augmenter la productivité des entreprises et des agences de presse, notamment par la réduction des coûts de production, l’adaptation des moyens et la recherche de la qualité ;

    - améliorer et diversifier la forme rédactionnelle des publications imprimées et des services de presse en ligne, notamment par le recours aux nouvelles technologies d’acquisition, d’enregistrement et de diffusion de l’information ;

    - assurer la diffusion des publications imprimées et des services de presse en ligne auprès de nouvelles catégories de lecteurs, notamment les jeunes et les publics à l’étranger, et favoriser des actions en faveur de la citoyenneté et de l’accès à l’information.


    Le directeur général des médias et des industries culturelles détermine chaque année la répartition des crédits affectés au fonds entre les trois sections. Cette répartition est ajustée en cours d’année en fonction des demandes d’aides.
    ( http://www.ddm.gouv.fr/article.php3?id_article=1733 )

    Pour 2012, la répartition des crédits entre les trois sections du fonds est la suivante :

    Section 1 : 45 %.

    Section 2 : 40 %.

    Section 3 : 15 %."

    Source : ddm.gouv.fr

  8. DISTINGUER LA PRESSE D'INFORMATION POLITIQUE ET GENERALE ET LA PRESSE NON "IPG" ?

    Le Syndicat de la presse Indépendante d’information en ligne (SPIIL) est fermement opposé au renforcement de la notion de presse IPG en tant que critère d'accession aux aides.
    Il l’est d’autant plus que, même si cette distinction était justifiée en presse papier, elle est quasiment impossible à appliquer dans l’univers numérique.


    L'INNOVATION GARANTE DU PLURALISME ?

    Assurer le pluralisme ne consiste pas seulement à préserver la survie de titres existants, en finançant par exemple
    à hauteur de 0,48 € chaque exemplaire de L’Humanité, vendu 1,30 €, et à 0,32 € l’exemplaire de La Croix (Rapport 2013 de la Cour des Comptes, page 647).
    Assurer le pluralisme signifie aussi favoriser l’émergence d’un écosystème qui permette l’éclosion et le développement de nouveaux titres, témoins de leur temps, initiateurs d’innovations, reflets d’un monde en mutation.


    DES AIDES A LA PRESSE OBSOLETES ET INNEFICACES SELON LE SPIIL


    Créé au lendemain de la Libération, et sans évolution notable depuis, le système actuel a pour résultat essentiel de préserver
    les acquis de la presse existante et de faire obstacle à l’arrivée de nouveaux entrants.

    Concernant le fonds SPEL,  le fonds d'aide au développement des services de presse en ligne, le rapport 2013 de la Cour des Comptes relève (page 634) de manière tout à fait surprenante que « seuls 9,7 M€ des 58 M€ de crédits ouverts au cours de la période 2009 à 2011 ont été dépensés ». Cela veut dire que moins de 17% des montants prévus pour le développement de la presse numérique ont été effectivement dépensés en trois ans. C’est dire à quel point ce fonds a failli à sa mission et a été inefficace.
    Les principales raisons en sont connues :
    - retards dans la mise en place du fonds
    - délais trop long entre le dépôt du dossier et l’attribution de l’aide (alors que dans le numérique, on compte en semaines et non en mois)
    - refus d’intégrer dans l’assiette éligible les dépenses internes de développements informatiques, au profit uniquement de sous-traitants souvent très chers et peu familiers des spécificités de la presse numérique.


    LE SPIIL DEMANDE UN VÉRITABLE FONDS POUR L'INNOVATION DE LA PRESSE NUMERIQUE

    L’innovation recouvre des concepts beaucoup plus larges que ceux, strictement technologiques, de la Recherche et développement
    (R&D). Elle n’en répond pas moins à des règles très précises qui ont été définies par lOCDE dans son «
    Manuel d’Oslo », dont la troisième édition a été publiée en 2005 (lire ici).
    La définition de l’innovation, telle que définie par le Manuel d’Oslo, pourrait servir de base à un véritable Fonds pour l’innovation de la presse numérique pour soutenir l’innovation de la presse dans les domaines suivants :
    - Nouveaux formats rédactionnels
    - Scénarisation innovante de l’information
    - Journalisme de données
    - Fact-checking
    - Réorganisation des rédactions dans une perspective multimédias
    - Expérimentations commerciales et marketing

    Source : Spiil.org
  9. REMISE DU RAPPORT SUR LES AIDES A LA PRESSE : "LA PRESSE DOIT SE RÉINVENTER"

    Le groupe d'experts chargés en janvier par Aurélie Filippetti d’une réflexion sur les aides à la presse a remis le 2 mai son rapport à la Ministre. Il propose notamment d'aligner le taux de TVA de la presse en ligne (19,6%) sur celui de la presse papier (2,1%).


    Une crise avant tout structurelle : Le rapport  souligne que la crise dont souffre la presse écrite est davantage structurelle que conjoncturelle. La presse dans son ensemble doit faire face à d’importantes difficultés économiques. Elle doit en même temps se réinventer à l’ère numérique. Le monde de la presse « connaît une crise et une mutation profondes, à la fois technologiques et économiques. Il n'est pas abusif de parler de révolution », précisent les experts commandités par le Ministère

    Source : culturecommunication.gouv.fr
  10. LA PRESSE, UN SERVICE PUBLIC ?

    "Les subventions de l'Etat peuvent se justifier si l'on considère que la presse écrite, bien que non associée à l'Etat, représente une forme de service public. "Le système d'aide français repose sur le principe selon lequel, en démocratie, il convient de défendre une forme de pluralisme", insiste M. Charon. Pour que vive une presse de qualité, faudra-t-il en venir jusqu'à nationaliser certains titres ? Après tout, il existe bien un service public de l'audiovisuel. "C'est la rareté des fréquences qui, à l'origine, a justifié leur attribution à des médias d'Etat", rappelle M. Charon."
    "M. Scherer fait remarquer que la presse n'a jamais gagné d'argent avec l'activité d'information pure. Ce sont toujours les à-côtés, tels que la publicité, la publication de petites annonces, ou encore la vente des "plus produits" comme des livres ou des DVD qui ont dégagé du cash pour maintenir les journaux à flot."
    "La presse en ligne cherche des sources de financement connexes. C'est le cas du site Rue89, qui a misé sur la gratuité. Il réalise une bonne partie de son chiffre d'affaires avec des activités extérieures telles que la conception de sites, la formation, la vente de contenus. Il vient de créer un mur virtuel sur lequel les internautes peuvent acheter de l'espace pour un prix allant de 15 à 349 euros par an. D'autres placent beaucoup d'espoir dans le micropaiement, à la manière des services proposés par l'iphone d'Apple. Un clic suffirait à débiter la carte de crédit de l'internaute de quelques centimes d'euro, indolores dans son portefeuille. Une chose est sûre : dans les bouleversements qui agitent la presse écrite, il est urgent de trouver un nouveau modèle économique."

    Source : Lemonde.fr
  11. ET SI L'AIDE A LA PRESSE ETAIT DISTRIBUEE AUX JOURNALISTES ?

    "Les citoyens d'une démocratie ont besoin d'information, donc de journalistes. De combien ? Il serait intéressant de définir le seuil critique de journalistes par habitant, comme on le fait pour les médecins. Mais quel que soit leur nombre, c'est parce que la publicité, les abonnements numériques ou le prix de vente du papier ne peut plus les payer aujourd'hui, et que ces difficultés les rendent dépendants d'acteurs économiques dont les objectifs n'ont rien à avoir avec la défense de la démocratie, que la collectivité doit se saisir de cette question. Qu'elle y réponde par un revenu minimum ou pas."

    Source : Huffingtonpost.fr
  12. 11% DU CHIFFRE D'AFFAIRE DE LA PRESSE FRANÇAISE VIENT DE L’ÉTAT, "POURTANT ELLE EST A L'AGONIE"

    Michel Françaix, Député PS, contributeur du rapport parlementaire sur l'économie de la presse : ""l’Etat soutient le portage, La Poste, et la distribution, via Presstalis. Il aide donc trois sources qui se concurrencent. C’est n’importe quoi, il faut choisir. La France est le pays en Europe qui aide le plus sa presse : 11 % de son chiffre d’affaires vient de l’Etat. Et pourtant, la presse quotidienne est à l’agonie parce qu’elle n’a pas changé ses choix éditoriaux, ni remis en cause des outils de production et de distribution !"


    LA PRESSE "DE DIVERTISSEMENT" FAVORISÉE PAR LES AIDES PUBLIQUES ?

    "La presse d'information politique et générale (IPG) bénéficie déjà de soutiens spécifiques, mais rassemble pourtant moins d'un tiers des aides distribuées par l'Etat. C’est la presse magazine récréative qui reçoit, notamment grâce à l’aide au postage, les aides les plus importantes : 37 %. Un non-sens."


    LES AIDES AU NUMERIQUES INSUFFISANTES ?

    Les aides au numérique (2 millions d’eurosen 2011) représentent seulement 0,2% de l’enveloppe globale
    . "Trop souvent, ces aides sont venues compenser de vieux problèmes : financer des plans de départ volontaires, des imprimeries caduques. La presse quotidienne n’a pas joué le jeu. Les journaux ont passé leur temps à aider un vieux modèle sans penser au futur."

    Les aides à la presse papier doivent cependant être maintenues : " Si demain, les kiosquiers disparaissent, c'est l'aménagement du territoire qui en prend un sérieux coup. Dans une commune de 1 500 habitants, c'est un service public. Bien sur, les marchands de journaux vont devoir se moderniser, mais l'Etat doit favoriser le lien social en axant son aide sur le dernier kilomètre de la distribution."



    ACCELERER LA TRANSITION NUMERIQUE
    "Quand des pure players viennent nous voir avec des projets, on leur répond qu’il n’y a pas assez d’argent. Mais là encore, il faut cibler, parce que toute la presse en ligne n’est pas vertueuse. La difficulté, c’est que la presse ne récupère pas en publicité sur Internet ce qu’elle perd en publicité sur le papier. C’est bien pour ça qu’on parle tant de cette idée de taxe Google. Je pense que la presse en ligne doit être payante. On trouve trop de choses gratuitement. Ensuite, il faut abaisser la TVA à 2,1% pour les sites d’information générale, contre 19,6% aujourd’hui. Avec ce taux, Mediapart affirme qu’il n’aurait même pas besoin d’aides supplémentaires (Edwy Plenel a été auditionné pour les besoins du rapport). C’est le modèle britannique, avec une TVA à 0% : tous à égalité sur la ligne de départ, et que le meilleur gagne."

    Source : Telerama.fr

  13. GOOGLE MENACAIT DE NE PLUS RÉFÉRENCER LES MÉDIAS FRANÇAIS S'IL DEVAIT PAYER UNE TAXE

    Les éditeurs de presse français réclamaient en effet l'instauration d'un droit voisin au droit d'auteur.
    Les négociations ont finalement abouti le 1er février 2012 : Eric Schmidt, le président exécutif de Google, et François Hollande, ont expliqué que cet accord consiste en la constitution d'un « fonds de 60 millions d'euros pour la transition numérique ». Financé par Google, il sélectionnera « des projets selon leurs mérites en termes de transition vers le numérique ». « Ce n'est pas parce que Google va abonder ce fonds que l'Etat va se désengager de ses obligations», a précisé François Hollande. Les pure players d'information politique et générale seront concernés par cet accord.

    Source : Télérama.fr
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