Economie: les candidats français dans le "déni"?

"Une France léthargique et non réformée pourrait bien se retrouver au centre de la prochaine crise de l'euro [...] La France insouciante est sur le point d'être rattrapée par la dure réalité, quel que soit le président".

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  1. La charge est lourde, sévère et nourrie. Son auteur? Le très sérieux magazine The Economist dont l'éditorial publié la semaine dernière a secoué des candidats plongés dans une campagne atone. Sous le titre "La France dans le déni", The Economist poursuit: "plus inquiétant encore que la mauvaise foi" de l'un ou l'autre des candidats, "la possibilité qu'ils pensent vraiment ce qu'ils disent" dans leurs programmes.
  2. Aucun des deux principaux prétendants n'est épargné: « Même si c'est Nicolas Sarkozy qui est réélu, les risques ne disparaîtront pas », et François Hollande « pourrait s'apercevoir après quelques semaines, et pas des années, que les investisseurs fuient le marché obligataire » français, prévient The Economist. Nicolas Sarkozy aura même attendu trois semaines avant le premier tour pour présenter son programme économique.

    Un « déni » français?
    Non, en tout cas pas au début de la campagne. Les candidats étaient même bien partis, mais l'inertie a pris le dessus et comme en 2002, la campagne se recentre en fin de compte sur l'insécurité, alors qu'elle avait commencé sur la croissance, le chômage, les impôts. Les premiers débats télévisés des aspirants candidats étaient même uniquement focalisés sur la réduction de la dette et la crise de l'euro qui atteignait son climax.

    Tous étaient alors d'accord sur le constat: « La France est prisonnière d'un cercle vicieux : trop de déficits, pas assez de croissance ni de compétitivité, ces phénomènes se nourrissant les uns les autres. En dix ans (2000-2010), le poids de l'industrie dans le produit intérieur brut est passé de 24 à 14 % ».  
  3. Nicolas Sarkozy aura attendu le dernier moment (17 jours avant le premier tour) pour présenter son programme économique et François Hollande a choisi d'expliquer ce qu'il fera "les 100 permiers jours" de son mandat.
  4. Pour connaître la position de chacun des prétendants, L'Expansion fait un point très complet sur le programme économique des dix candidats engagés dans la dernière ligne droite.
  5. La publication systématique des propositions des candidats sur leur site internet permet de s'adonner aux jeux des comparaisons. Ainsi, de nombreux sites mettent les positions de chacun aux bancs d'essai sous forme de "grandes questions". Par exemple, faut-il créer une nouvelle tranche d'impôt sur les hauts revenus? On apprend ainsi que huit candidats sur dix sont "pour".
  6. Autre méthode, le site du journal Les Echos propose de "vérifier et de mettre en perspective les chiffres utilisés par les candidats ou leur entourage".
  7. Sur le plan économique, Quoi info a réalisé une synthèse simple et efficace.
  8. Autre style, autre méthode, Owni propose une base de données très complète et bien illustrée sur les chiffres-clés thème par thème.
  9. Une série de Top 10 à l'appui, L'Express exerce son droit d'inventaire:

    - Les 10 mesures les plus irréalistes
    - Les 10 mesures les plus emblématiques
    - Les 5 mesures qui changeraient votre quotidien
  10. Pour approfondir, les sites des candidats sont encore les meilleures sources d'informations.
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