La Master Class, master idée pour les journalistes en devenir

Damien Van Achter, enseignant depuis 2 ans à l'Ihecs, a sorti ses étudiants des murs de l'école pour les immerger dans le web et dans ses outils. Pour qu'ils les intègrent dans leur pratique journalistique. Une idée qu'elle est bonne.

2,897 total views
  1. Vendredi dernier, j'ai eu l'honneur - oui, l'honneur - d'aller passer une après-midi à Eghezée en compagnie de Damien Van Achter, journaliste (certains le resteront toujours, au minimum sur leur blog), blogueur, stratège du web, utopiste numérique et j'en passe... et avec ses étudiants de l'Ihecs.

    Le Davanac - son nickname sur Twitter -, a emmené ses students, en Master Class, "au vert" et vivre 4 jours tous ensemble, 24h/24, pour apprivoiser les outils du web social, expérimenter, tester, bidouiller, se planter, recommencer et in fine, les aider à découvrir de quel(s) journalisme(s) ils se chauffent. Pour manger sur le même coin de table et boire un godet après le rush, pour se lever à 4h du mat" si l"actu l"impose, pour prendre le temps de se façonner un reader RSS consistant, de soigner leur profil LinkedIn et leur réputation en ligne. Parce que connecté, peu importe que vous soyez à Ouarzazate, San Francisco, Talin, Kigali ou Eghezée." Comme il l'explique sur son blog : 

  2. Cette idée est tout simplement géniale selon moi... et correspond évidemment à tout ce dont le journalisme à besoin pour évoluer dans le monde numérique auquel il est maintenant confronté à chaque seconde. Je me rappelle d'ailleurs une discussion que j'avais eue avec Marc Sinnaeve, qui dirige la section Presse-Info à l'Ihecs, et avec Luc Baugniet, qui travaille (travaillait?) avec le premier. A l'époque, cela date déjà de quelques années, j'avais évoqué l'étude des outils web dans leur filière. Mon idée n'avait pas été appréciée à sa juste valeur, et c'est peu dire ;-) 


    Je suis très heureux de voir que depuis lors, de l'eau a coulé sous les ponts, pour que l'idée de Damien, beaucoup plus évoluée que celle que j'avais eue alors, puisse ainsi voir le jour.

    En arrivant vendredi pour parler de mon parcours professionnel chaotique, j'ai croisé Benjamin Adnet, journaliste RTBF, qui partait après avoir discuté avec les étudiants. Il a ensuite commis un tweet qui résume bien la situation : 

  3. Non pas que les outils du web changent le journalisme en lui-même : il faut et il faudra toujours lire, écrire, comprendre, faire des interviews, être curieux, décoder, ne pas se laisser impressionner, faire des photos, filmer l'information, prendre du son... et surtout aller sur le terrain ! 


    Mais ces outils du web permettent de trouver des sources autrement, d'agréger des informations autrement, d'écouter plus de choses, d'en découvrir qu'on aurait jamais découvertes, de partager ses infos avec mille fois plus d'efficacité... 

    Les outils offerts par le web sont autant d'atouts pour faire des journalistes de meilleurs journalistes. Si ceux-ci ont déjà la soif de bien faire leur métier. Comme c'est très souvent le cas. Mais pas toujours.

    En allant sur le terrain, par exemple. Je précise cela car il est des grands messieurs du journalisme belge, tendance journalisme de papa, qui m'ont un jour parlé de journalisme de desk... Quelle atrocité ! Quelle ineptie !

  4. Arf... De nouveau au boulot... Pfff hard. #mc12
  5. Donc ces journalistes en devenir - je l'espère vraiment pour eux -, on passé quatre jours entre un ancien garage de la gendarmerie, un grenier et un jardin à mettre les mains dans le cambouis, à triturer les outils mais surtout à faire des reportages, à faire des photos, faire des interviews...


    Au programme, veille, data-journalisme, Facebook, Twitter, agence de presse, identité numérique, journalisme TV, web-documentaire... Mais aussi quelques visites des plus intéressantes pour les étudiants. Comme celles de Eric Scherer (France Télévision), Philippe Dautrebande (Lavenir.net), Roland Legrand (Mediafin).

  6. Mais le plus important dans tout cela, c'est que les deux premières Master Class (il y en a trois au total) on déjà produit plus d'une centaine de contenus... Sous de très nombreuses formes.


    Je vous invite d'ailleurs à découvrir toute leur production sur la plateforme Davanac.net. Vraiment.

    J'ai, parmi d'autres, beaucoup aimé le reportage suivant sur les quatre friteries d'Eghezée... Thématique ultra-locale, qui aurait pu être baclée, mais qui est bien torchée. Et que j'aime beaucoup.

  7. En conclusion, j'espère que c'est le début d'une longue série de Master Class, à l'Ihecs et ailleurs. J'avoue sans honte que j'aurais aimé participer à ce genre d'expérience comme j'aurais aimé en être l'instigateur.


    Damien, continue mon gars. Si t'as besoin de quelqu'un pour faire les patates, fais moi signe.

    Et le meilleur pour la fin : les students, vraiment content de vous avoir rencontrés. Merci de m'avoir écouté. J'ai beaucoup aimé votre motivation. Gardez-la pour toujours.

    Sur ce, il est 2h31. Il faut aller dormir. Je publie et puis Basta. 

    Fin de mon premier Storify de toute ma vie.

1
Share

Share

Facebook
Google+