Université de la Terre

Petit compte-rendu en live réarrangé de la première journée à l'Université de la Terre.

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  1. Batir une nouvelle société. Gros programme proposé par François Lemarchand qui prône un réenchantement du monde.
  2. Bienvenue sur le site de l'Université de la Terre - Présentation
  3. La journée commence par un message d'espoir de la directrice générale de l'Unesco. Elle accueille ensuite François Lemarchand, créateur de l'Université de la Terre qui commence par se demander - et nous demander - ce que pèse le progrès et l'idée de développement durable face au drame que vit le Japon ?

    "Nous entrons dans une ère de mutations où la place sera grande pour les innovateurs. Une nouvelle société est en gestation pour servir le meilleur de l'Homme en harmonie avec notre planète."

    L'université de la terre a été crée pour favoriser le dialogue. Pour cette 4ème édition, les verbes d'action et l'espoir seront mis à l'honneur pour bâtir une nouvelle société, dans un désir collectif de construire ensemble.
  4. Première table ronde : S'engager aujourd'hui pour transformer demain.
    avec Stéphane Hessel, Caroline Fourest et Odon Vallet
  5. Qu'est-ce qui nous pousse à nous engager ?

    L'envie de s'engager pour Stéphane Hessel est venue suite à ce qui est arrivé pendant la guerre pendant l'occupation. Nous sommes occupés par une société où nous ne reconnaissons pas tous ces droits.

    Pour Caroline Fourest, on ne sait pas pourquoi on s'engage tandis que pour O Vallet qui cite Aragon et Paul Eluard on s'engager pour aider son prochain.
  6. D'après les intervenants, le désengagement est toujours progressif alors que l'engagement peut être brutal. Pour citer un exemple économique, la FED s'est engagée brutalement mais ne pourra se désengager que progressivement. D'ailleurs pour Odon Vallet, nul doute que le désengagement doit être programmé.

    On méprise aujourd'hui l'engagement des jeunes parce qu'ils passent par des groupes sur Internet. C'est pourtant la nouvelle façon de s'engager nous dit Caroline Fourest.
  7. D'après Caroline Fourest, s'émanciper du tout pétrole et du nucléaire ne remet pas en cause le progrès. Il faut travailler aux énergies renouvelables. Cela me rappelle cet entretien avec Etienne Klein dans La Tribune "Science et technologie sont devenues le moteur principal de toutes les formes de puissance"
  8. 2 ème conférence : Comment les nouvelles technologies changent-elles le monde ?
    Daniel Kaplan, Michel Maffesoli et Dominique Wolton
  9. Comment internet a-t-il changé le monde ?

    Dominique Wolton rappelle que le télégraphe (1820) a fait partie des révolutions technologiques qui impliquent la société. Ce qui est important ce sont les utopies politiques qui accompagnent les révolutions technologiques

    "Le plus compliqué ce sont les humains et la société, pas les techniques qui sont le plus simple." Et les techniques, on les a...

    Accéder à plus de communication pose le problème de la relation, car passer de l'information à la communication est le plus difficile aujourd'hui. Il souligne que la vitesse de la communication (qui est une question politique) pourrait conduire à l'"incommunication".
    Au lieu de dire que nous ne comprenons pas ce qui se passe par exemple pour le printemps arabe, nous jugeons avec nos cadres occidentaux.

    De la raison à l'émotion

    Pour Michel Maffesoli, globalement l'intelligencia se méfie et reste sur une conception froide du développement de la technique. Paradoxalement c'est la technique qui va ré-enchanter le monde en recréant du lien. On est habitué à considérer le contenu or ce qui est important aujourd'hui c'est aussi le contenant.

    La rationalisation qui a donné des belles choses au XVIII et XIXème siècles laisse la place à l'émotionnel. Nous ne pouvons plus fonctionner avec l'utopie parfaite mais avec des utopies interstitielles. Bienvenue dans l'ère du bricolage où on va créer des lieux et des interstices.

    "On passe de la verticalité à l'horizontalité, ce ne sera pas sans conséquences (bonnes et/ou mauvaises)" nous dit-il.
  10. Enfin, pour Daniel Kaplan, le monde n'a pas attendu internet pour changer, ce n'est qu'un catalyseur. Dans les transformations liées à la mise en réseau généralisée il faut d'abord noter les transformations économiques.

    L'imaginaire dans ce domaine se constitue autour de l'information mais la pratique est en permanence de l'ordre de la communication. "Aujourd'hui le monde est bavard."
  11. C'est Dominique Wolton qui assène cette phrase lors d'une question sur Wikileaks. L'émancipation de l'information nécessite de se reposer toutes les questions et la diplomatie est l'un des exercices les plus compliqués.

    Le monde ne va pas à la vitesse de notre curiosité. Plus on a d'informations disponibles et accessible plus notre paranoïa entre en jeu. "On va passer plus de temps à démêler l'information alors qu'on n'en a jamais eu autant, ce phénomène étant augmenté par Internet."

    Autre chose, il est plus difficile d'être journaliste aujourd'hui
    qu'hier car le monde est saturé d'informations. Dans ces cas là, soit on lâche prise soit on sort de la fascination et on met des règles éthiques. Le problème, c'est qu'on manque d'esprit critique dans les nouvelles technologies. Elles réveillent des utopies...mais ne disons pas qu'internet crée des militants, ils ont toujours existés.
  12. Plus mesuré, Daniel Kaplan fait remarquer que débat sur et autour du numérique n'arrive pas encore à sortir de l'argumentaire pour-contre.

    Réponse immédiate de Dominique Wolton : "C'est la technique qui déstabilise un enjeu politique comme toujours." Pour internet, c'est la technique qui est en avance sur le projet politique. Il nous faut un projet qui intègre Internet sinon Internet sera une utopie politique.
  13. 3ème conférence : Comment imaginer les scénarios énergétiques du futur ?
    Claude Nahon et Thierry Salomon
  14. Quelle est la position officielle d'EDF ?

    Claude Nahon s'exprime sur Fukushima au nom d'EDF. "Il est trop tôt pour tirer des conclusions, d'avoir un retour sur expériences, on est encore dans le temps de la crise." Pour elle, deux thèmes ressortiront principalement : un premier autour de la gestion de crise et un second lié à la question de la résistance des ouvrages. A quoi pourront-ils résister ? Bien entendu, EDF sera un acteur du débat.

    La sureté nucléaire mais aussi hydraulique est une priorité pour EDF, ses exploitants, ses dirigeants. C'est un processus qui ne peut que s'améliorer constamment. La transparence est compliquée parce que le sujet est difficile et il doit passer par une appropriation par chacun pour une meilleure compréhension.

    Pour Thierry Salomon, il y aura un avant et un après Fukushima. On s'apperçoit que le Japon n'a pas de réponse en ce moment à cette crise. On n'avait pas prévu ni imaginé cet accident. C'est
    une crise qui va durer. On est presque dans un événement géologique car il ne s'agit pas seulement d'un nuage mais aussi une question de terre. "Une zone sera gelée."

    En ce qui concerne la transparence, il prend l'exemple de la centrale de Nogent sur Marne (80 km de Paris). La sécurité n'est pas suffisante. On ne sait pas ce qu'il peut se passer si une accident majeur survient, conjugué à un événement climatique (tempête, orage violent).

    "Le nucléaire dans sa forme actuelle n'est pas une énergie qui correspond à une forme de développement soutenable."
  15. Réponse de Claude Nahon : il existe des exercices d'évacuations, les gens sont informés de ce qu'il faut faire en cas de problème....

    Mais Thierry Salomon insiste à propos de la centrale de Nogent. t : Une évacuation de Paris n'est pas à négliger. "Est-ce que ce scénario est envisagé ? Si EDF veut être transparent , il faut des réponses d'un niveau plus élevé."
  16. Teddy Follenfant, très bon animateur sur ce type de débat il faut le souligner, provoque : On hérite de notre passé alors qu'est-ce qu'on doit faire ?

    Thierry Salomon présente rapidement le scénario Négawatt : on regarde nos besoins et nos usages en énergie de façon systémique. Le scénario est basé sur la sobriété énergétique. "Pour sortir du nucléaire, il faut une réflexion sur notre consommation d'énergie. On est donc loin de la sortie pour l'instant."
    Ensuite interviennent les technologies. On doit construire un scénario multi-énergétique avec des énergies authentiquement soutenable.
    Il y aurait deux sorties du nucléaire à penser : l'une en urgence en cas d'accident majeur et l'autre maitrisée voire négociée à 20-35 ans.
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