S'affirmer grâce à la congruence

Plus que d’autres peut-être, j’ai toujours été sensible à la cohérence entre le discours des gens et leurs actes. Je fais attention à l’adéquation entre les expressions de leur visage et le ton de leur voix. J’ai besoin de les sentir « congruents ». Et je crois ne pas être la seule dans ce cas...

Embed

  1. Difficile de définir la "congruence".  Nous utilisons pourtant d'autres mots de la même famille : nous parlons ainsi de situation "incongrue" (= inattendue) ou de portion "congrue" (= justement adaptée). Mais la congruence, cette qualité, cette compétence qu'on peut rapprocher de l'authenticité, nous échappe.
  2. Il vous arrive sans doute parfois d'être mal à l'aise quand les actes et les mots de votre interlocuteur sont en opposition. Vous avez  l'impression que les choses ne sont pas telles qu'elles semblent être. Encore que l'explication puisse en être toute simple : la personne est distraite ou bien, au moment où vous parlez, elle éprouve des sentiments qu'elle ne souhaite pas partager. Ce que je comprends pour ma part ! Qui a envie de tout partager avec son conseiller en insertion professionnelle ? Mais, en tous cas, quand j'entrevois une dissonance, je suis gênée. Et je suis certaine que, vous aussi, vous ressentez un malaise lorsque votre vis-à-vis vous paraît, à tort ou à raison, ni sincère, ni naturel. Bref, lorsqu' il ou elle manque d'assertivité, de congruence.

  3. La congruence en coaching et en thérapie - Isabelle Wats
  4. C'est Carl ROGERS (1902 - 1987), un des psychologues américains  humanistes parmi les plus influents, qui a mis le premier en évidence  la congruence, cette notion devenue centrale en psychologie comme en communication.
  5. L'approche de ROGERS, centrée sur la personne, s’appuie sur trois axes : l’empathie, la considération positive et... la congruence, bien sûr.  Cette dernière suppose un alignement, une harmonie entre ce que nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous disons. En communication, c'est pareil ! La communication repose sur des échanges au cours desquels nous donnons de nous à l’autre et/ou nous recevons de celui-ci. La congruence nous permet alors de nous affirmer et d’être en accord avec nous-mêmes : « Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis » en somme. Il s’agit d’ajuster, de traduire, de faire passer une émotion, une idée, une connaissance.
  6. In Perfect Congruence
    In Perfect Congruence
  7. Améliorez votre propre congruence en commençant par mieux vous connaître vous-même. Selon ROGERS, il existe un curieux paradoxe qui veut que quand on s'accepte tel qu'on est, alors on peut changer. Le meilleur champ d’expérience pour comprendre l’Autre - personne à aider, collaborateur, parfois adversaire - c’est donc vous.
    Comme je le répète souvent, pratiquez aussi l'écoute active, cette écoute totale qui vous permet d’élargir votre registre émotionnel, votre vocabulaire en mettant des mots exprimant votre propre ressenti. Et verbaliser son émotion aide à perdre de l’agressivité, à être plus sociable, plus authentique.

    Enfin, apprivoisez votre langage non verbal car il compte pour 55 % dans votre communication contre 38 % pour le ton de votre voix et 7% seulement pour les mots que vous prononcez. Bilan : la congruence passe essentiellement par le non-dit.

  8. Osez être vous-même, reconnaissez et acceptez les sentiments qui sont en vous y compris (et surtout) s'ils sont négatifs (distraction, confusion, irritation,...). Soyez spontané(e) même si vous ignorez où cela vous conduira. Vous instaurerez ainsi une relation de  confiance avec vos interlocuteurs en acceptant vos propres sentiments et vos propres réactions devenues ainsi plus directes et plus justes. En définitive, la congruence suppose d'être en adéquation avec soi-même, sans jugement, de dire simplement : « Je ressens… » en étant présent à soi et présent à l’autre. Il n'y a plus qu'à... !

2
Share

Share

Facebook
Google+