22A - Transitions numériques et énergétiques : la convergence fragile

La transition numérique envahit toutes les sphères de notre société et contribue à son changement accéléré. Cette transition participe à la floraison d'événements, comme le printemps arabe. Certains parlent même d’une « 4ème Révolution industrielle ». Le développement durable doit donc fusionner urgemment avec le numérique.

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  1. L’impact positif de la transition numérique sera-t-il supérieur aux effets néfastes qu’elle engendrera ? Certains adoptent une vision optimiste en soulignant l’intérêt de la transition numérique au service des transitions, démocratique ou écologique. D’autres, dont un grand nombre d’ONG, en dénoncent les revers. Toute transition suit un chemin et donc un objectif. Cependant, on ne sait pas jusqu’où nous mènera ce processus de digitalisation. Quant à la manière de combler le manque énergétique, elle reste floue malgré les avancées. « We have environmental problems because we have innovation », déclare Jack Townsend, chercheur dans le domaine de l’innovation digitale. Il faut alors que les nouvelles technologies comblent ces externalités négatives.
  2. Un changement à la fois stratégique et mental s’impose pour les dirigeants. GRDF s’est donné pour objectif de créer un gaz 100% renouvelable, et travaille régulièrement à la minimisation des dégâts environnementaux liés aux fuites de gaz. Le géant français souhaite que les clients changent leurs habitudes de consommation. Il incite en effet les artisans à investir dans des outils technologiques plus récents, exigeant moins d’énergie. Il s’agit de créer de nouvelles applications contribuant à favoriser les bons gestes du citoyen. Toujours dans cette logique de sensibilisation du consommateur, François Moisan, directeur scientifique de l’ADEME, donne l’exemple du télétravail. Il a été démontré que ce dernier réduit la production de gaz à effet de serre, mais de manière trop peu significative dû aux consommations d’énergie supplémentaire faites chez soi. Une prévention interne auprès des salariés dès la formation est de ce fait importante afin de créer un véritable effet levier. Les vêtements de travail en fin de vie des employés de GRDF sont notamment récupérés et recyclés.
  3. A l’échelle gouvernementale, les ONG font pression pour l’instauration d’une réglementation plus soutenue. La problématique la plus connue à l’échelle française et européenne concerne les producteurs de déchets. On considère que leur responsabilité débute avant même que le déchet ne soit produit. L’ADEME insiste sur le pouvoir des données pour définir et influencer les politiques du territoire. Il faut néanmoins veiller « à ce que la réglementation ne bride pas l’innovation », explique Edouard Sauvage de GRDF.
  4. Il est également question d’une perpétuelle « optimisation », c’est-à-dire créer plus avec moins de ressources, en s’impliquant socialement. Miquel Ballester, co-fondateur de l’entreprise sociale Fairphone représente parfaitement cette logique. Créée en 2013, Fairphone élabore le smartphone durable et modulable et est à l’origine d’un mouvement pour des produits électroniques plus équitables. On vise ici à une meilleure redistribution des bénéfices le long de la chaîne de production ainsi qu’au contrôle de la provenance des composants. Le recyclage d’anciens téléphones avec l’ONG Closing The Loop qui agit au Ghana fait partie de leur démarche pour lutter contre l’abandon des déchets électroniques. Il faut requestionner la place des pays émergents dans la convergence entre le numérique et l’énergie. « Le développement durable n’a pas de frontière ».
  5. Ambrine Nouioua
  6. JT du 18 octobre - World Forum for a Responsible Economy
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