Nouvelles organologies de la mémoire collective

Parcours à travers les mnésies numériques. Conçues comme un bien commun, ou qui devrait l'être, sur cet autre bien commun qu'est l'Internet, ou qui devrait l'être.

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  1. Organologie : de organon (  ὄργανον ), « instrument », « outil », et lógos  ( λόγος ) , « parole », « raison ».  Dans ce sens, néologisme formulé par Bernard Stiegler, afin de nommer une science des organes physiologiques, artificiels et sociaux (les organisations). L'organologie de la mémoire n'oppose donc pas la mémoire interne à la mémoire externalisée.

    La question de la conservation des données à l'ère du numérique ne saurait évidemment se réduire à un problème technique - même si celle-ci est évidemment sous-jacente à toutes les problématiques de la trace et du stockage... Comment archiver ? Comment maitriser la mémoire du web ? Sa propre mémoire ? L'internaute est ici plus qu'ailleurs sommé de s'en remettre à des acteurs privés ou publics. Entre des acteurs publics, suivants une logique patrimoniale, des acteurs privés, soucieux d'identification, émerge alors la question du droit à l'oubli, de la maîtrise de sa présence, de nos données personnelles laissées ici et là à la merci d'un archéologue automatisé ou non. Il y a quelque chose d'un peu archaïque - ou d'un peu étriqué - dans la manière d'opposer frontalement identité et oubli numérique, comme si nos traces formaient un tout identifiable, alors qu'Internet permet justement de respecter la diffraction des identités par le biais du pseudonyme. Plus qu'un difficile droit à l'oubli, ce serait un droit à la dissémination numérique qu'il importe de défendre.



  2. En guise de mise en bouche ...

  3. Au commencement était la mémoire humaine.

  4. 1) Non pas une mais des mémoires : à court et long terme, épisodique, sémantique ou réticulaire...
  5. Puis vint la technique. Apprendre à se  souvenir : Hypnomenata ou les arts de la mémoire.
    Pour transmettre son histoire et sa mémoire, l’humain a cherché à étendre cette dernière par le biais de supports artificiels et extériorisés : les hypomnemata.

  6. 2) De l’individuation à la transindividuation.

    L’individu est singulier par rapport à son milieu. C’est son histoire, et la mémoire qu’il en a qui fait sa singularité. L’individuation est l’histoire, la genèse de l’individu. Les trois brins de l’individuation (psychologique, collective et technique) font passer le je au nous.
  7. Le « je » et le « nous » se constituent ensemble pour créer une mémoire collective. Cela crée des rétentions qui permettent l’attention et la protention.
  8. Ces rétentions tertiaires de mémoire sont à la fois support de mémoire pour instruire, mais aussi des supports de mémoire des algorithmes.
  9. 3) L’archive comme Pharmakon
    (Voir une explication du concept plus loin ci-dessous)

    a. Le remède

    Selon Michel Foucault, l’archive est la masse des choses que l’on conserve et qui se transmet.
  10. b. Le poison

    La formalisation de processus en codes binaires change la relation avec le monde mais permet par là même une grammatisation qui discrétisent les usagers d’internet.
  11. c. Le dilemme : le potentiel libérateur et liberticide de l'archive
  12. Acteurs

    Internet : un média de la mémoire. Comme tout média ? Mais plus encore que tous les médias, par le biais du numérique et des serveurs sur lesquels ils convergent tous. Les acteurs comprennent donc tous ceux qui participent à l'édification du réseau des réseaux, et en premier lieu des Internautes.

    Institutions
    Dépôt légal du web français : créé en 2006, dans la lignée du dépôt légal institué par François Ier le 28 décembre 1537, néanmoins non plus dans une optique de contrôle éditorial ou de protection de la propriété littéraire, mais de conservation du patrimoine.

    Bibliothèque Nationale de France
  13. Institut National de l'Audiovisuel
    Le dépôt légal français dévolu aux contenus audiovisuels.
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