Crise en Europe: l'heure du débat a sonné! (première partie)

Le 6 mars 2012, l'équipe de la Commission européenne en France a organisé un débat ouvert à tous pour discuter de la crise économique en Europe. Objectifs? Dresser un bilan de l'action européenne, discuter des défis à venir et formuler des solutions potentielles.

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  1. Mise en bouche: impact de la crise sur la perception de l'Europe par les Français
  2. Edouard Lecerf (TNS Sofrès) ouvre le débat en présentant les résultats d'une enquête eurobaromètre réalisée pour l'occasion. Certains chiffres sont flatteurs: 79% des Français sont pour un contrôle plus poussé de l’UE sur les budgets nationaux et

    91% des Français sont pour une régulation des marchés, mais l'adhésion à l'Europe s'affaiblit. Paradoxe ou passage obligé pour des institutions dont les mesures ne peuvent pas toujours faire l'unanimité?

  3. Première partie: bilan de la réponse européenne à la crise

    En route pour le débat! C'est une véritable brochette de personnalités, certaines très hautes en couleurs, qui se succède au micro: Jean Leonetti, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Dominique Giuliani, Sylvie Goulard, Elisabeth Guigou, Jean-François Jamet. Le tout animé par Sylvie Kauffmann.


  4. Olli Rehn, qui devait débuter le débat arrive bien plus tard (10h30): la faute au système ferroviaire (pour ne pas nommer le Thalys) qui a vécu un lundi noir sur tout le nord de la France. Cela faisait bien longtemps que la presse française n'avait pas eu l'occasion de le rencontrer, alors à sa sortie de la salle, c'était, comment dire, la ruée vers l'Olli...

    Dans un entretien au Figaro du même après-midi, il revient sur la situation économique en Grèce, en Espagne et en France (qui doit faire plus d'efforts pour restaurer sa compétitivité externe). Dans l'ensemble, le message est positif mais la précaution est de mise: le risque d'explosion est derrière nous mais la récession et le chômage sont encore bien présents.
  5. Il y a les points sur lesquels nous sommes d'accord...

    Le ton est donné par Jean Leonetti et les autres membres du panel lui emboîtent le pas: il faut plus d'Europe, voire même une Europe plus fédérale... Clairement, la méthode intergouvernementale ne suffit pas. Luttons donc contre l'affaiblissement de la Commission européenne et élargissons l'horizon de débats qui restent bien souvent trop nationaux! Elisabeth Guigou prône l'idée de listes électorales transnationales.

    En d'autres termes, il nous faut une gouvernance économique renforcée (responsable devant le Parlement?), de l'harmonisation fiscale, plus de régulation des marchés. Eh oui, l'euro implique des devoirs, pas seulement des droits et avantages. Le rôle de la BCE (Banque Centrale Européenne) est largement acclamé: elle a permis "d'éviter le pire" (Jamet), a empêché "l'incendie de se propager" (Leonetti).
  6. Et ceux sur lesquels nous le sommes moins...

    Malgré tout, les divergences commencent à apparaître: avait-on réellement besoin du traité budgétaire (= Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'union économique et monétaire - pour faire court)? Pas si sûr selon Elisabeth Guigou (Trautmann sera sur la même longueur d'ondes lors du 2nd panel). Et Jean Leonetti d'ajouter un peu de piment au débat: acceptons donc une Europe à plusieurs vitesses. Enfin n'oublions pas l'éternel couple franco-allemand (ou Merkozy pour les intimes): moteur pour Jean, directoire pour Elisabeth.
  7. Et la Grèce dans tout ça?

    Si tous les intervenants semblent s'accorder sur l'obligation morale d'aider les pays en difficultés, Dany (Cohn-Bendit) ne manque pas de rappeler que cette même Grèce doit s'attaquer à la fraude fiscale et au niveau de ses dépenses militaires. Et l'Europe doit lui permettre de développer son économie réelle.
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