L'obscurantisme infâme du science-based-lobbying : cas pêche profonde

2 scientifiques non militants, dûment mandatés par leur organisme de recherche, ont fait et font encore l'objet de pressions inacceptables dans le cadre de l'exercice de leur métier, sans autre financement que leur salaire de chercheurs de la fonction publique. Pourquoi ?

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  1. Les pressions odieuses sur des scientifiques neutres |
    La science financée par PEW |
    Une autre réalité |
    La science n'est pas un support à l'imposture |
    Quand Ifremer affirme sa neutralité

  2. Les pressions odieuses sur les scientifiques neutres

  3. Claire Nouvian a lancé des campagnes très agressives et nominatives contre des scientifiques d'Ifremer Pascal Lorence, et surtout Alain Biseau pour les faire craquer. Leurs tors : ne pas s'opposer clairement au chalut et ne pas porter leur voix au concert des scientifiques liés au financement de la fondation américaine PEW.
  4. Ceci date de la mission pêche profonde de 2009. Pascal Lorence, un scientifique d'Ifremer faisait l'objet de pression p2. et Alain Biseau aussi en tant que rapporteur.
  5. Depuis 1 an,  Mme Claire Nouvian s'acharne contre Alain Biseau.
  6. Selon elle : "Ce qui se produit actuellement n’est qu’un épisode (l’ultime ?) d’une longue entreprise d’intimidation des lobbies de la pêche industrielle qui tentent de faire croire que la pêche profonde au chalut suscite un débat scientifique controversé alors que rien de tel n’a lieu dans la communauté scientifique, qui soutient clairement la proposition de la commission d'interdire le chalut des grands fonds [sur le site de Bloom dans la version du 25/11 après que plusieurs versions de ce texte n'aient été mises en ligne"].
  7. "C'est alors que ces [ONGE] avaient découvert puis dénoncé publiquement la complaisance du rapporteur de la mission pêche profonde, l'halieute de l'Ifremer, Alain Biseau, et sa collusion avec le secteur de la pêche industrielle" [dans la vérité d'intermarché et celle de Monsanto sur les OGM aussi de Bloom]."
  8. La science financée par PEW

  9. Claire Nouvian, en bon petit soldat de PEW, pratique le science-based-lobbying, en utilisant pour son lobbying la science financée par PEW, les chercheurs et étudiants qui gravitent autour de ces financements, et leurs pétitions de "chercheurs engagés". PEW finance des bourses de scientifiques, finance des travaux et surtout finance à hauteur équivalente la communication autour des résultats. Une vraie machine de guerre médiatique.
  10. Les 5 soeurs patronnesses (les fondations US dites caritatives - Walton, Moore, Packard, Pew, Oak) ont consacré plus de 100 millions de US$ au science-based-lobbying depuis la fin des années 90.
  11. Le point de départ de ce science-based-lobbying grands fonds ? Difficile à dire, mais la publication phare serait celle-ci :
  12. "Seamounts, biodiversity and fisheries, Sea Around Us, 2004. Les auteurs responsables sont  Telmo Morato, alors étudiant au programme Sea Around Us, et Daniel Pauly. Dans cette équipe apparaissent ensuite des noms très impliqués dans la DSCC : Rainer Froeze, Tony J. Pitcher, Telmo Morato, Reg Watson. La DSCC c'est la Deep Sea Conservation Coalition, l'une des 4 coalitions créées et financées par PEW pour donner l'impression que les voix se lèvent de toutes parts contre telle ou telle activité de pêche. PEW assure aussi le financement de sa communication via la société britannique "Communications Inc.", qui gère toute la communication des programmes marins des ONG Environnementales.
  13. Le document lobbyiste de janvier 2012 de la DSCC avec des consultants bien connus dont Philip Weaver, Southampton, sympathisant et membre du programme Hermione (avec des soutiens financiers de PEW)"
  14. Le programme "Sea Around Us" est piloté par Daniel Pauly et Rachid Sumaila, de l'Université de Colombie Britannique. Il a été créé par et pour PEW, qui le finance à hauteur d'au moins 15 millions de US$ depuis sa création [on est aujourd'hui probablement plus proche des 20 millions de US$]. Outre son grand amour des caméras, Daniel Pauly est régulièrement mis en avant par les campagnes des 4 coalitions financées par PEW, au risque d'apporter sa "caution scientifique" sur des sujets qu'il ne maîtrise pas. Mais bon être scientifique veut-il dire par essence que l'on maîtrise toutes les disciplines ? bien-évidemment.
  15. Ce sont les dangers du science-based-lobbying. Donner l'illusion d'un vernis scientifique ou d'une caution scientifique devient stratégique. Ainsi, on ne s'étonne plus que des lobbyistes non scientifiques deviennent signataires de publications "scientifiques", comme c'est le cas de Mme Claire Nouvian co-signatrice de 2 publications des scientifiques dépendants de PEW.
  16. La science devient péremptoire. La science est détentrice de l'unique vérité absolue. La science n'a plus droit au doute, ni à l'incertitude, ni au progrès de la connaissance. En d'autres temps et d'autres lieux, certains ont senti les flammes du bûcher sur de telles certitudes. Et pour d'autres ce sera le bûcher des vanités.
  17. Une autre réalité ?

  18. La réalité c'est que sur les zones pratiquées par les pêcheurs (soit de 5 à 10% des zones), on n'en sait pas suffisamment pour dire s'il faut interdire ou non le chalut sur ce petit espace, pour protéger l'intégralité des stocks et des 90% non exploités. Il y a impact c'est certain, par les captures accessoires.
  19. Mais peut-on tolérer cet impact sur 5 à 10 % de la zone sans mettre en péril le reste ? Peut-on accepter un compromis entre la production de 7000 à 15.000 tonnes de poissons alimentaires et 5% à 10% d'impact ? C'est une question complexe.
  20. Sur la question de la santé du stock (hors impact), il y a eu une amélioration mais encore une fragilité. Le CIEM, le groupe de scientifiques officiel et neutre qui conseille l'Europe, en a déduit tout de même qu'il pouvait y avoir une augmentation des quantités pêchables.
  21. Cette augmentation est proposée car les éléments d'informations montrent une orientation positive vers le Rendement Maximum Durable selon leur compréhension du moment et la période donnée. Mais cela pourrait changer suivant la qualité et la connaissance qu'on a du recrutement (renouvellement du stock).
  22. Et le CIEM pourra tout aussi bien en proposer une diminution ensuite, comme c'est le cas pour toutes les pêcheries gérées et contrôlées (c'est le jeu normal de l'ajustement de l'exploitation, de la science aux évolutions du stock). C'est la différence avec la pêche illégale, non renseignée, non régulée.
  23. Bref c'est complexe. et c'est l'affaire de la science neutre, pas de la communication lobbyiste.
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