"Open journalism" ou l'influence du journalisme citoyen sur les médias classiques

On entend de plus en plus parler des blogs, des réseaux sociaux, de leur influence nouvelle auprès du public et de leur rôle dans la vie journalistique et politique. Mais les choses sont bien plus interressantes quand on s'intéresse à l'influence que ce "journalisme citoyen" commence à avoir sur les médias classiques. The Guardian a fait un gros coup en revisitant le comte des "Trois Petits Cochons" pour une publicité pronant l'"open journalism" ou journalisme participatif. Alors ce type de journalisme représente-t'il la fin de la pratique du journalisme tel que nous l'avons connu?

166 total views
As seen on
3 views
  1. Comment serait traitée une fable à l'heure du numérique? The Guardian s'est posé la question en revisitant le comte des Trois Petits Cochons dans une publicité faisant la promotion de l'open journalism ou journalisme participatif.  Pas à pas, on suit l'évolution du fait divers, depuis la "une" du quotidien aux réactions sur les réseaux sociaux. Les nombreux rebondissements nous montrent que la victime n'est pas toujours celle que l'on croit. 


  2. Guardian open journalism: Three Little Pigs advert - the Guardian
  3. Selon The Guardian, le futur du journalisme est "l'open journalisme" ou journalisme participatif. Les utilisateurs prennent part à chaque élément de la production d'information. La newsroom n'aurait donc plus de murs...
    Si ça se produit; comme le loup, les journalistes devront souffler extrêmement fort pour faire tomber les trois "maisons" ou idées préconçues que nous avons à propos de ces pratiques. La première maison représente nos idées préconçues quant aux sources utilisées en ligne, la deuxième nos doutes sur la raison pour laquelle les gens contribuent aux processus de l'information et la troisième, nos peurs sur la manière dont nous protégeons nos sources. 

    En effet, de nombreuses idées circulent quant à l'expansion du "journalisme participatif". Est-ce une bonne chose pour la démocratie ou un risque pour le droit d'être informé? 
    Jacques Bernard et Riana Ravoala ont posé la question à Arnaud Grégoire (interview complète voir début de l'article). Il est l'un des pionniers du journalisme Internet en Belgique. Au milieu des années 90, il créé le premier site web belge francophone d’information.

  4.  Selon lui, le but des blogs citoyens n'est pas d'être objectif mais de donner un avis. C'est la subjectivité qui est intéressante. Cela permet de favoriser la pluralité des points de vue. Même pour le journaliste, l'objectivité est très discutable. Mais il n'oublie pas qu'être journaliste est un vrai métier. "Le journaliste a un carnet d'adresse, connait très bien le domaine dans lequel il écrit. Il doit respecter les règles déontologiques, la jurisprudence et le droit en vigueur. 

    Il ne considère pas les blogs citoyens comme du journalisme mais plutôt comme "un travail de diffusion d'information". 

    Arnaud Grégoire en appelle à la "responsabilité de chacun" et rappelle que de nombreux bloggueurs "travaillent très sérieusement, au moins aussi rigoureusement que certains journalistes"
  5. File:Three little pigs 1904 straw house.jpg - Wikipedia, the free encyclopedia

  6. La maison en paille : le mythe d'une démocratisation

    On sait que tout le monde n'a pas accès au web, que cet accès est distribué de manière inégale en fonction de l'âge, de la classe sociale et bien d'autres facteurs. Même parmis ceux qui ont accès, certains se font plus entendre, sont plus instruits et plus actifs que d'autres. 


    Même lorsque nous cherchons à nous faire entendre, nous réduisons les possibilités de nous exprimer en s'appuyant sur des plate-formes particulières: nous préférons Twitter à Facebook, Facebook aux forums et les forums au groupe Flickr. Nous devons chercher à être le plus polivalent possible. 

    Plus important encore,  nous devons surveiller la façon dont les médias sociaux sont censurés par les autorités et les organisations. Aux Royaume-Uni, par exemple, ceux qui voulaient trouver des critiques sur le mariage royal n'ont trouvé que très peu de pages sur Facebook.

  7. La maison de bois: donner les outils aux utilisateurs


    Nous devons donner nos sources pour participer à l'open journalisme : Qu'il s'agisse de la liberté de l'information (FOI: freedom of information), ou de "l'open data". 

  8. La maison en brique: protéger les sources à chaque point de contact


    La manière dont Wikileaks a résolu le problème de sécurité entre les sources et les journalistes est une des raisons de son succès. Une partie de la solution était technique mais l'autre était légale. Quand le Wall Street Journal et Al Jazeera ont lancé leurs propre clones de Wikileaks, les commentateurs ont mis en évidence qu'ils avaient tous deux des faiblesses concernant la sécurité et qu'il n'y avait encore aucun résultat pour les demandes provenant d'organismes gouvernementaux. 


    Brian McDermott, par exemple, écrit au sujet de la manière dont la reconnaissance faciale  "pourrait mettre certaines sources de coté". 
    En 2010, le PDG de Google, Eric Schmidt, a été cité disant:

    "Show us 14 photos of yourself, and we can identify who you are. You think you don’t have 14 photos of yourself on the Internet? You’ve got Facebook photos!"

  9. Pour les journalistes qui travaillent dans un système ouvert, la confiance est l'élément principal. Les journalistes agissant de manière contraire à l'éthique donnent à leur profession une mauvaise réputation sans avoir à en subir les conséquences. De nos jours, un journaliste qui utilise des méthodes douteuses pour avoir son scoop trouvera ces méthodes associées à son noms sur Google. 

    Grâce à cette nouvelle manière de faire du journalisme, les utilisateurs deviennent plus avertis des problèmes de la vie en public. Les journalistes professionnels devrons jouer le jeu avec leurs nouveaux collègues "ouverts" si ils veulent gagner leur confiance.  

1
Share

Share

Facebook
Google+