Les enjeux de l'éditorialisation : données, information, infomédiaires...

À l'issue de ce dernier webinaire qui a vu la participation de Franck Rebillard, professeur en SIC à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 et Alexandre Monnin, philosophe du Web, Data expert, Co-fondateur du groupe W3C « PhiloWeb », retour sur les enjeux de l'éditorialisation...

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  1. 1 - La question des "Data" par Alexandre Monnin:

  2. Pour avoir une idée plus claire il faut plutôt se baser sur le concept du “Data” en anglais qui fait allusion à quelque chose d'incalculable, d'incommensurable.
  3. Le Web sémantique a commencé à se développer dans les cinq dernières années. Elle est inhérente au web lui-même. Elle offre une liberté de désignation, ainsi qu’une infinité des façons de dessiner les objets, les faits, les choses. Dès lors, on peut avoir toute sorte d’information sur les objets et les lier avec des ressources de connaissance, c’est-à dire des graphes contenant une grande variété de sources.
  4. Le web sémantique est basé sur deux principes :
  5. 1.- On peut dessiner tout objet souhaité.
    2.-Ces objets peuvent être liés comme on le souhaite. Cela offre une liberté fondamentale du langage.

    Mais dans un espace dont on peut désigner tout objet sous toutes les conceptions imaginables, comment se mettre d’accord sur les objets d’un monde commun issus d’un collectif partagé ?

    Pour l’instant Wikipedia semble être un des seules espaces dont la convergence est possible, grâce à la contribution des internautes et à la évolution constante de l’information.
  6. Jimmy Wales: How a ragtag band created Wikipedia
  7. En effet, tout le monde n'a pas le même point de vue, ce qui est difficile de se mettre d’accord sur la conception des choses, la description des objets ou même sur les faits historiques.

    Pour nourrir l’information et contribuer à la publication sur Wikipedia, il faut suivre certaines règles de contribution. Comme Alexandre Monnin, de l’Institut national de Recherche en Informatique et Automatique (INRIA), le mentionne: “Pour écrire dans Wikipedia, il suppose de citer des sources idoines.” C’est-à dire de se baser sur des articles scientifiques et des ouvrages avec une certaine crédibilité. Néanmoins, l’open access, cet accès libre à l’information reste encore aujourd'hui limité.

    Plusieurs questions se posent sur le lien entre l’open access et la politique du partage de la connaissance et de la recherche. Sans oublier que cela est bien différent dans chaque pays et même dans chaque niveau social.
  8. A petition for free access to Wikipedia
  9. Dans le partage de la connaissance, Google est aussi un acteur très important, néanmoins il a développé un espace plus centré sur une logique privée, une logique des faits durables, des faits clairement identifiés. Sans aucune trace des sources utilisées pour nourrir l’information donnée aux internautes. Google offre une information factuelle mais qui ne laisse pas la place au questionnement.
  10. Tout au contraire, Wikipedia opère dans une logique de consensus, qui permet la vérifiabilité des choses et qui ouvre la porte à la remise en question de la part des internautes. La présentation de l’information est plus complexe et montre les différents points de vues, les questionnements et même les uniconformités faites autour d’un sujet.

    C’est un espace construit constamment sur la controverse, un espace agité en interne. Contrairement aux contenus de type journalistique qui aujourd'hui reste plutôt guidés par une uniformité de contenus.

    Cette double relation des acteurs, qui est à la fois une double coopération ainsi qu’une sorte de concurrence, a comme finalité de rendre l’information plus accessible pour tous.
  11. En prenant la logique des communs, on peut justement se questionner : est-ce que les communs doivent garder cette logique de consensus, une chose dont tout le monde est d’accord ? Ou est-ce que c’est en remettant en question en permanence les connaissances qu’on arrive à avoir des contenus plus riches et plus complets ?
  12. Interview de Michel Bauwens dans le cadre des Roumics 2014 sur les communs
  13. Il y a un positionnement scientifique : Les sciences de l’information et de la communication peuvent être une inter-discipline, Franck Rebillard, lui, essaie de combiner une approche socio-économique : Ce qui relève des données et les discours, dans quelles conditions ces données sont produites et circulent-elles en société ?
  14. Comme le révèle ce tweet, la loi sur le renseignement ne suscite pas un grand intérêt auprès du public, faut-il y voir un manque de discernement et une illusion quand à la technologie qui reste aujourd'hui perçue avant tout comme une source de progrès aux yeux de tous ?
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