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Tout citoyen est t'il un journaliste?

L'avènement des réseaux sociaux transforme progressivement les médias classiques. Toute personne a l'occasion de s'exprimer publiquement mais ce journalisme participatif peut nuire à la qualité de l'information diffusée. A moins de fixer des règles.

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  1. Selon "The Guardian", l'avenir du journalisme est décrit comme l'"open journalism". Avec une version revisitée du conte des trois petits cochons, le quotidien anglais veut démontrer que l'utilisateur prend part à chaque élément de la production de l'information. Le journalisme n'aurait plus de limite.
    Cette publicité vise donc à prôner le journalisme participatif, qui peut jouer un rôle d'arbitre au sein des informations véhiculées par les médias classiques.

  2. Guardian open journalism: Three Little Pigs advert - the Guardian
  3. Tout comme le méchant loup, le journaliste moderne doit souffler très fort pour renverser trois idées préconçues à propos du journalisme participatif. Celles-ci traitent des sources utilisées en ligne, des raisons poussant des gens à contribuer à la production de l'information et de la manière dont les sources doivent être protégées.

    Toutes les informations ne sont pas toujours traitées correctement et les réseaux sociaux donnent au citoyen la liberté  de pouvoir remettre en question les nouvelles véhiculées dans la presse, de dénoncer ou d'approuver. Bref, de commenter.
    Les réseaux sociaux et forums offrent une liberté de parole infinie où se côtoient des informations de qualité et des expressions de défoulement excessif. Les forums sont contrôlés par des modérateurs qui tant bien que mal contrôlent les informations à caractère offensant.
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    Tout le monde n'a cependant pas un accès Internet, accès qui est inégalement réparti en fonction de l'âge, de la classe sociale et d'autres facteurs. Même parmi ceux qui en disposent d'un, certains sont plus expressifs, plus instruits ou plus occupés que d'autres.

    A un niveau plus basique, quand nous nous exprimons sur un réseau social, nous réduisons les possibilités de nous faire entendre en s'appuyant sur des plates-formes variées: nous préférons Twitter à Facebook, Facebook aux forums et les forums au groupe Flickr. Le tout est de se rendre le plus disponible possible sur un maximum de platesformes différentes.

  5. Mais le plus important est sans doute de contrôler la manière par laquelle les médias sociaux peuvent (et sont) censuré au Royaume-Uni. La preuve en est avec la suppression sur les réseaux sociaux de toutes les critiques adressées  à l'encontre du mariage royal.
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    Nous devons divulguer nos sources lorsqu'on pratique du journalisme participatif.
  7. Guide de bon usage médias sociaux

  8. Nombreux sont les mensonges qui circulent sur les réseaux sociaux. Et c'est là précisément que réside le problème. Si on veut garder l' authenticité dans l'information sans que celle-ci ne soit mise en doute, la mention des sources est indispensable. Au contraire du journalisme professionnel, le secret des sources ne doit donc pas être respecté mais bien divulgué pour ce qui concerne le journalisme citoyen.
  9. Jean-François Dumont, membre de l’Association des Journalistes Professionnels (AJP), n'a cependant pas de crainte que le journalisme participatif puisse nuire à la discipline professionnelle. Un doute persiste en revanche sur la manière avec laquelle les internautes relaient l'information.

    "Le journalisme citoyen évolue surtout dans le media internet où l’information doit être mise en ligne le plus vite possible ce qui mène à un journalisme de vitesse. S’il est déjà assez délicat et difficile pour un journaliste professionnel de ne pas tomber dans le piège de la course à l’information c’est encore pire pour une personne sans formation."
  10. Il considère cependant que lorsque Journaliste et Internaute collaborent, l'efficacité de cet échange peut décupler la qualité de l'information, à condition de toujours bien respecter l'éthique journalistique et le respect de sources.

    La maison de brique: la protection des sources à chaque point de contact
  11. Wikileaks doit en partie soit succès à la manière avec laquelle il a résolu un problème de sécurité entre les sources et les journalistes. Lorsque le Wall Street journal et Al Jazeera lancèrent leurs versions de Wikileaks, tous deux avaient non seulement des faiblesses au niveau de la sécurité et aucun des deux n'avaient reçu de réponses provenant des agences gouvernementales.
  12. Brian McDermott estime que la technologie de la reconnaissance faciale pourrait exempter certaines informations d'une source fiable.

    Eric Schmidt, directeur de Google, fut cité en 2010 par un commentaire disant:

    “Show us 14 photos of yourself, and we can identify who you are. You think you don’t have 14 photos of yourself on the Internet? You’ve got Facebook photos!”

    Tout journaliste travaillant dans un système dit "ouvert" devra respecter le principe de base qui est la confiance. Le non respect de l'éthique journalistique aura pour conséquence une image néfaste de la profession, sans que le journaliste en question ne doive subir les conséquences
    Mais de nos jours, un journaliste qui utiliserait des méthodes douteuses pour écrire un article ou rapporter un scoop trouvera son nom associé à ses méthodes sur Google. Ce processus permet de filtrer les informations et de faire une sélection au sein des informations pertinentes ou non.
    En cas de non respect des sources par un organisme de presse reconnu, les sanctions sont immédiates.

  13. Pour Jean-François Dumont, le cinquième pouvoir est appelé le journalisme citoyen. En effet, le citoyen écrit à son tour et rivalise ainsi avec le journalisme professionnel. La différence réside dans le fait qu'il n’écrit pas seulement pour informer mais dans le but de faire pression sur la presse et de rétablir la vérité au cas où cette dernière manquerait à son devoir.
  14. Les réseaux sociaux modifient ainsi considérablement les médias classiques qui doivent désormais tenir compte des citoyens. Ceux-ci prennent une place de plus en plus importante dans le traitement de l'information. Ils disposent dés lors d'un moyen direct de faire savoir leur position sur n'importe quel sujet. Bien plus que des scoops ou des infos exclusives, les internautes apportent un regard différent et des témoignages. Les journalistes ne devraient pas avoir peur de voir disparaître leur métier mais devraient plutôt profiter et valoriser cette richesse produite par les internautes. Le journaliste citoyen est un garant de la démocratie, à condition de respecter les règles éthiques propres à la profession.
  15. Article rédigé sur base de:
  16. Interview de Jean-François Dumont, membre de l'APJ et spécialiste du débat sur les réseaux sociaux:
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