Valérie Trierweiler a-t-elle été "répudiée"?

Répudiation. Le mot est lâché. Les femmes, en particulier les femmes de gauche, les féministes sont sommées de se prononcer sur le sort réservé par le Président Hollande à sa dernière compagne officielle. Une polémique à front renversé

  1. C'est Marine Le Pen qui a ouvert le bal. Femme et de droite elle est la première à se dire choquée par la façon dont la séparation du premier couple de France a été annoncée. Par François Hollande, et par lui seul et en des termes qui ont du être soigneusement pesés
  2. Nathalie Kosiusko Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris lui a emboîté le pas. Comme "femme". Ajoutant même une comparaison sociale: La lettre de licenciement:
  3. Un licenciement sans indemnités...Hollande non seulement macho, mais aussi patron voyou en quelque sorte. Mais bien sûr elle n'en fait pas une question politique. Pensez-vous!...
    La presse, ensuite. Catherine Nay, éditorialiste qui a le coeur à droite- mais qui en a un quand même- emploie dès dimanche matin, sur Europe 1, le terme de "répudiation", mais avance aussi un élément aggravant: Hollande affirme agir en tant que citoyen, mais le "hic" c'est que si Valérie Trierweiler estimait qu'elle avait subi un préjudice, elle ne pourrait pas poursuivre son ex devant les tribunaux, puisque même pour les affaires ne touchant pas à sa fonction, le chef de l'Etat bénéficie de l'immunité jusqu'à la fin de son mandat.
  4. Puis c'est au tour de la ministre des Droits de femmes, Najat Vallaud Belkacem d'être interpellée par l'éditorialiste du Figaro, Yves Thréard:
  5. On le voit, tout ceci ressemble à s'y méprendre à une offensive politique, même si elle n'est pas concertée. Certains arguments n'en sont d'ailleurs pas pour autant irrecevables. Comme le fait que même si elle est aux yeux de certains une institution "bourgeoise", le mariage n'en est pas moins un contrat qui est fait pour protéger le conjoint le plus fragile (ici la femme) dans ce genre de situation. Si elle avait été mariée, c'est Valérie Trierweiler qui aurait été confrontée au choix: rester en acceptant les incartades de son présidentiel époux, ou bien partir d'elle-même. Mais, comme l'a noté le sociologue François de Singly autant l'opinion peut tolérer une répartition des rôles entre épouse légitime (et mère) et maîtresse aimée, autant le statut de "concubine non aimée" est difficile à faire passer.
  6. C'est pourquoi, faute de parvenir à un accord avec sa compagne sur une rupture annoncée "d'un commun accord", François Hollande a du se résoudre à cette annonce unilatérale, en en assumant les risques: Répudiation, licenciement etc. C'est un pari risqué pour un président de gauche censé incarner la défense de l'égalité des droits et particulièrement des plus vulnérables. On attend en effet d'entendre la réaction des consciences de gauche, des femmes en particulier.
    Mais en ne consentant pas à partager les responsabilités de cette rupture, Valérie Trierweiler pose encore une fois un problème politique au Président. On n'est décidément toujours pas revenu à "l'affaire privée".
  7. Dernière minute: Valérie Trierweiler évoque non pas un "licenciement" mais une "rupture sans préavis". C'est peut-être pire non? (Ajouté le 28/1/14 à 14H24)
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