Fake news et post-vérité

  1. Est-il nécessaire de revenir sur la pluralité et la volatilité de l'information rendue possible par internet? Médias en ligne, réseaux sociaux, blogs, en 2017 chacun peut transmettre de l'information, donner son avis, analyser l'actualité... Et plus important, toucher un grand nombre de personnes avec ses idées. Une configuration parfaite pour diffuser rapidement de fausses informations.
  2. Croire ou ne pas croire? La question est aussi vieille que l'humanité selon Gérald Bronner. Le sociologue souligne le renforcement du « biais de confirmation » par les algorithmes. En résumé : « On va naturellement chercher des informations qui vont dans notre sens, qui correspondent à nos croyances. Avec internet et les algorithmes, il est beaucoup plus facile de trouver des informations qui correspondent à nos idées, à nos recherches. »
  3. Lutter contre les fake news

  4. Démocratisé par l'élection de Donald Trump, le terme de fake news est de plus en plus présent dans la sphère médiatique, à tel point que cette dernière multiplie les initiatives pour, dans un premier temps comprendre, puis tenter d'enrayer le phénomène.
  5. En cette première journée des Assises du Journalisme, les intervenants s'accordent sur un point : « Il y a des erreurs qui sont faites dans les médias mainstream et les erreurs sont rarement corrigées » lance Pierre Ganz (vice-président de l'Observatoire de la déontologie des médias). Réflexion appuyée par le journaliste Luc Hermann : « Il faut absolument assumer nos erreurs et les corriger. » Mais les initiatives, comme le Decodex du Monde, représenté ici par Alexandre Pouchard, sont le signe d'une prise de conscience des entreprises de presse qui commencent à balayer devant leur propre porte.
  6. Une lutte qui a un prix

  7. Les médias ne sont pas les seuls à pouvoir, à devoir lutter contre les fausses informations. Face à l'armée de fake news, un seul bataillon de journalistes aura du mal à gagner la guerre lance Gérald Bronner : « C'est un défi redoutable, Léonidas contre Xerxès. » Il y a des solutions qui demandent à être creusées, notamment l'éducation à l'information : « Il n'y a pas pire tyrannie que la dérégulation totale du marché de l'information. »
  8. Reste la question des moyens, rappelle Luc Hermann : « L'information de qualité a un prix, il y a une vraie demande mais il faut avoir du temps, et des moyens. »
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