AFDL, RCD, CNDP, M23 : quatre rébellions, une histoire...

Si l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), est parvenue, le 17 mai 1997, à chasser du pouvoir Mobutu Sese Seko, les trois groupes rebelles qui ont suivi, ont eu des dénouements différents. Même si, à quelques différences près, ils partagent une histoire commune...

  1. 18 octobre 1996 - Officiellement, c'est à cette date que tout commence. Dans l'enceinte de l'hôtel Lemera, dans une localité du Sud-Kivu portant le même nom, quatre mouvements rebelles signent un protocole d'accord pour créer l'AFDL. L'alliance est dirigée par Laurent-Désiré Kabila et soutenue par le Rwanda, bien décidé à intervenir au Zaïre pour mettre fin à la menace des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).
  2. "Il fallait que nous réagissions et nous avions déjà repéré des Congolais qui étaient prêts à combattre Mobutu pour nous, avec notre aide." Paul Kagame, le président du Rwanda. Extrait de L'Afrique en morceaux, la tragédie des grands lacs.
  3. Kagame : "Nous avions déjà repéré des Congolais prêts à combattre pour nous"
  4. 17 mai 1997 - Après avoir conquis toutes les grandes villes du pays, l'AFDL arrive à Kinshasa. La veille, alors que les rebelles sont aux portes de la capitale, Mobutu Sese seko s'enfuit vers Gbadolite, puis vers le Togo et le Maroc. C'est la fin du règne du Léopard, qui mourra moins de quatre mois plus tard.
  5. 2 août 1998 - Laurent-Désiré Kabila, alors président de la RDC, se brouille avec ses alliés rwandais et leur demande de quitter le territoire. Une nouvelle rébellion éclate, celle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). À la manœuvre, des anciens membres de l'AFDL notamment Azarias Ruberwa, Bizima Karaha et Déogratias Bugera. Le commandement militaire est confié au colonel Jean-Pierre Ondekane, un un ancien des Forces armées zaïroises déchues. 
  6. 10 juillet 1999 - L'accord de cessez-le-feu de Lusaka est signé entre la RDC, le Zimbabwe, l'Angola, la Namibie, d'une part, et l'Ouganda (allié du Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba) et le Rwanda (allié du RCD), de l'autre. Les troupes des pays étrangers sont priées de quitter le territoire congolais. L'accord sera ensuite ratifié par les groupes rebelles.
  7. 30 novembre 1999 - L'ONU décide de créer la Mission d'observation des Nations unies au Congo (MONUC), l'ancêtre de l'actuelle MONUSCO.
  8. 5 juin 2000 - Les combats éclatent pendant six jours à Kisangani, dans le nord-est de la RDC, entre les Forces de défense rwandaises (RDF) et l'armée ougandaise, soutenant chacune des branches différentes de la rébellion.
  9. 16 janvier 2001 - Laurent-Désiré Kabila, président de la République, est assassiné. Dans la foulée, son fils, Joseph Kabila, lui succède au pouvoir.
  10. 17 décembre 2002 - Joseph Kabila accepte de partager le pouvoir avec les groupes rebelles et l'opposition politique non armée. L'accord dit "global et inclusif" est signé à Pretoria. Désormais, la RDC a un président et quatre vice-présidents. C'est la formule "1 +4".
  11. Septembre 2003 - Le général Laurent Nkunda, issu de l'ancienne rébellion du RCD, refuse d'intégrer, avec ses hommes, les nouvelles Forces armées de la RDC (FARDC). Il lance l'association "Synergie pour la concorde et la paix" qui deviendra, en juillet 2006, la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), après avoir prêté main forte au colonel dissident Jules Mutebusi à Bukavu en 2004.
  12.                   Colonel Jules Mutebusi, allié du général déchu Laurent Nkunda
  13. "Le CNDP de Laurent Nkunda s'inscrivait dans la lignée de l'AFDL et du RDC, à cette différence près qu'il ne s'agissait pas d'une initiative rwandaise sous le drapeau congolais, mais d'une initiative congolaise bénéficiant d'un soutien rwandais", écrit David Van Reybrouck dans Congo, une histoire.
  14. 5 janvier 2009 - Le général Bosco Ntaganda, numéro 2 du CNDP, acceptant de jouer le jeu de Kinshasa et de Kigali, annonce sa rupture avec son chef, Laurent Nkunda, désormais mis hors jeu.
  15. 16 janvier 2009 - Le commandement militaire du CNDP, dirigé par Bosco Ntaganda, annonce la fin des hostilités avec l'armée congolaise. En échange, le chef rebelle, recherché par la Cour pénale internationale (CPI), reçoit les garanties de Kinshasa de ne pas être remis à la justice internationale....
  16. 20 janvier 2009 - Une opération conjointe entre l'armée congolaise et les Forces de défense rwandaises (RDF), dénommée "Umoja wetu" ("Notre unité), est lancée à la fois pour neutraliser les derniers éléments fidèles à Laurent Nkunda et traquer les FDLR.
  17. 22 janvier 2009 - Le général déchu Laurent Nkunda, en fuite, est arrêté au Rwanda
  18. 23 mars 2009 - Un accord de paix est signé entre le gouvernement congolais et le CNDP. Le mouvement rebelle se mue en parti politique, ses troupes réintègrent l'armée.
  19. 29 avril 2012 - Les anciens rebelles du CNDP se mutinent...de nouveau. Bosco Ntaganda, qui craint d'être finalement remis par Kinshasa à la CPI, est de la partie mais reste dans l'ombre.
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